Ceux qui me lisent régulièrement ne l’auront sans doute pas manqué : en amont de mon métier de photographe, j’ai une formation de sinologue – c’est-à-dire que je suis spécialiste en études chinoises, plus précisément en littérature classique. La Chine, pour moi, c’est tout un sujet, puisque mes origines résonnent avec elle, et que j’y ai dédié plus de la moitié de ma vie à travers mon parcours. C’est la raison pour laquelle, souvent, j’aime instiller un peu de l’esthétique chinoise dans mon travail de photographe.

En 2022, le 1er février marque le nouveau cycle lunaire, et donc le début de la nouvelle année dans le calendrier lunaire – celui qu’utilisait les Chinois à la période classique, avant que le calendrier grégorien ne vienne s’y substituer au début du 20e siècle. Ce changement de cycle prend le nom de « fête du printemps » (chunjie 春節), et il advient chaque année sur le mois occidental de janvier ou février.

Célébré par une bonne partie des pays d’Asie, cette fête est la plus importante de l’année. Elle est l’occasion de se retrouver en famille – ce qui donne lieu, dans la Chine contemporaine, à de grands mouvements de populations, notamment celles qui travaillent à l’année en milieu urbain, et retournent à cette occasion dans leur village natal. Le mot d’ordre est celui des retrouvailles, et du partage de délicieux mets avec les membres de la famille. La communauté chinoise d’outre-mer ne manque pas de célébrer également cette fête, non seulement parce que leurs familles sont souvent éclatées, mais aussi en une manière d’honorer leurs racines.

Pour l’occasion, cette année, j’ai souhaité organiser un petit shooting d’inspiration mariage qui soit marqué de l’esthétique du nouvel an lunaire. J’ai confié une partie de l’organisation de ce shooting à la wedding planner Estelle Yang, dont les origines chinoises l’amenaient également à éprouver un vif intérêt pour ce projet. Grâce à elle, la fleuriste Tan Yuqing nous a rejointes, et nous avons eu le bonheur d’avoir pour muse la superbe Jolyn Lee – une jeune femme ayant grandi dans la communauté chinoise de Malaysie. Mais ce projet atypique n’a pas seulement suscité l’intérêt de personnes chinoises, puisque notre maquilleuse et coiffeuse ne fut autre que la talentueuse Alesia Solo, qui s’est essayée à cette esthétique pour la première fois.

Le point essentiel de ce shooting était la robe traditionnelle de mariage (xiuhe fu 秀禾服) que nous voulions faire porter à notre modèle. Peu d’endroits dans Paris en proposent – et c’est chez Promissa que nous avons trouvé notre bonheur.

Je dois dire qu’en tant que photographe de mariage fine art, l’enjeu était de taille pour moi : il s’agissait de faire rentrer dans mon style, usuellement habitué aux couleurs pastelles, le rouge de cette robe traditionnelle. J’ai plus d’une fois douté du résultat, mais les photos ont finalement parlé d’elles-mêmes : le style fine art peut parfois s’accommoder de couleurs vives, et notamment du rouge.

L’idée était d’évoquer à travers mes images ce moment particulier du nouvel an lunaire, ainsi que la partie traditionnelle du mariage, souvent célébrée par la tenue de la « cérémonie du thé » – durant laquelle les nouveaux mariés offrent le thé à leurs aînés, en demandant la bénédiction de ces derniers pour leur union.

Photographe: Aude Lucas Wedding Photography

Wedding Planner: Estelle Yang Wedding

Muse: Jolyn Lee

Coiffure et maquillage: Alesia Solo MUAH

Fleurs: Tan Yuqing

Robe traditionnelle chinoise: Promissa